Prévoyance · 5 min de lecture
Rachat rétroactif du 3e pilier A : ce qui change dans la déclaration 2026
C’est une nouveauté importante pour la déclaration d’impôt : depuis 2026, il est possible de combler les années où vous n’avez pas versé le maximum dans votre 3e pilier A, et de déduire ce rachat de votre revenu imposable. Voici les règles, les conditions et un exemple chiffré publié par l’administration fiscale genevoise.
Les montants maximaux du 3e pilier A
Selon l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), les cotisations au pilier 3a sont plafonnées :
- 7'258 francs par an pour les personnes salariées affiliées à une caisse de pension (2e pilier) ;
- 20 % du revenu, au maximum 36'288 francs par an, pour les personnes qui ne sont pas affiliées à une caisse de pension, en particulier les indépendants.
Ces versements sont déductibles du revenu imposable, sur le plan fédéral, cantonal et communal. C’est souvent la déduction la plus simple à obtenir.
La nouveauté : combler les lacunes des années passées
Jusqu’ici, une année sans versement était perdue. Depuis le 1er janvier 2025, une personne qui exerce une activité lucrative en Suisse et n’a pas versé le maximum peut compléter ces cotisations ultérieurement, pendant dix ans au maximum, et les déduire de son revenu. Les lacunes prises en compte sont celles nées à partir de 2025 : le premier rachat est donc possible en 2026, pour l’année 2025.
Les conditions à remplir
- Un revenu soumis à l’AVS en Suisse pendant l’année concernée par le rachat.
- Un revenu soumis à l’AVS en Suisse pendant l’année où le rachat est effectué.
- La cotisation ordinaire de l’année en cours d’abord : il faut avoir versé le maximum de l’année avant de pouvoir racheter une année passée.
- Un plafond par année de rachat : le montant racheté est limité à la « petite cotisation », soit 7 258 francs en 2026, en plus de la cotisation ordinaire.
L’OFAS précise que plusieurs conditions s’appliquent ; votre fondation de prévoyance ou votre banque vous demandera une attestation pour l’année rachetée.
Les exemples publiés par l’État de Genève
L’administration fiscale genevoise a publié deux exemples le 6 octobre 2026 :
- Une personne qui n’a rien versé en 2025 verse la cotisation ordinaire de 7 258 francs en 2026, puis rachète 7 258 francs pour 2025. Sa déduction totale en 2026 atteint 14 516 francs.
- Une personne qui a versé 4 500 francs en 2025 peut racheter la différence, 2 758 francs, en 2026. Avec la cotisation ordinaire 2026, sa déduction atteint 10 016 francs.
Ces rachats effectués en 2026 sont déductibles pour la première fois dans la déclaration 2026, à déposer en 2027.
Pour qui est-ce intéressant ?
- Les personnes dont le revenu a augmenté : la déduction réduit l’impôt au taux marginal le plus élevé.
- Les personnes qui ont connu une année sans épargne (naissance, formation, achat immobilier) et qui disposent maintenant de liquidités.
- Les couples où chaque conjoint a son propre plafond, à condition que chacun ait un revenu soumis à l’AVS.
Avant de racheter, comparez aussi avec un rachat dans votre caisse de pension (2e pilier), souvent possible pour des montants bien plus élevés. Les deux se cumulent, mais leurs règles de retrait et de placement diffèrent : votre fiduciaire ou votre conseiller en prévoyance peut vous aider à choisir l’ordre le plus avantageux.
Le rachat immobilise l’argent jusqu’à la retraite, sauf cas de retrait anticipé prévus par la loi (achat d’un logement principal, départ définitif de Suisse, activité indépendante). Le retrait est ensuite imposé séparément, à un taux réduit. Le calcul se fait donc sur la durée : économie d’impôt aujourd’hui, imposition réduite au retrait.
Et pour les indépendants ?
Une personne indépendante qui n’est pas affiliée à une caisse de pension peut verser jusqu’à 20 % de son revenu, au maximum 36 288 francs par an. Le rachat rétroactif est limité à la petite cotisation de 7 258 francs par année manquée, selon la règle décrite par l’État de Genève. Pour un indépendant dont le revenu varie fortement d’une année à l’autre, le rachat peut servir à lisser la charge fiscale : verser davantage les bonnes années pour compenser une lacune passée.
Les erreurs à éviter
- Racheter avant d’avoir versé la cotisation de l’année : la cotisation ordinaire doit être complète en premier.
- Racheter une année sans revenu AVS : une année sans activité lucrative en Suisse ne donne pas droit au rachat.
- Attendre trop longtemps : les lacunes ne peuvent être comblées que pendant dix ans.
- Oublier l’attestation : sans attestation de la fondation, la déduction risque d’être refusée.
Dans la déclaration d’impôt
Les versements ordinaires et les rachats sont déclarés avec l’attestation de votre fondation 3a. Gardez les attestations de chaque année rachetée : l’administration peut demander la preuve que les conditions étaient remplies. Si vous êtes imposé à la source, un rachat peut rendre intéressante une taxation ordinaire ultérieure.
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Comparer les fiduciairesQuestions fréquentes
Quel est le montant maximal du 3e pilier A en 2026 ?
7 258 francs pour une personne affiliée à une caisse de pension ; 20 % du revenu, au maximum 36 288 francs, pour une personne non affiliée, selon l’OFAS.
Depuis quand peut-on racheter des années de 3e pilier ?
Les lacunes nées depuis 2025 peuvent être rachetées pendant dix ans au maximum. Le premier rachat est possible en 2026, pour l’année 2025.
Le rachat 3a est-il déductible des impôts ?
Oui. Selon l’OFAS, les rachats sont déductibles du revenu imposable l’année où ils sont effectués, comme les cotisations ordinaires. Les premiers rachats, effectués en 2026, figurent dans la déclaration 2026 déposée en 2027.
Combien peut-on racheter par année ?
Au maximum la « petite cotisation », soit 7 258 francs en 2026, en plus de la cotisation ordinaire de l’année, qui doit être versée en premier.
Sources officielles
- OFAS, votre cotisation au 3e pilier
- État de Genève, rachats rétroactifs dans le pilier 3a (6 octobre 2026)
Informations vérifiées le 1er novembre 2026. Les règles et les montants peuvent changer ; seule l’autorité compétente fait foi.